Where Things go

In the mid-60s, in Verviers, a small Belgian town most of the textile factories that had contributed to the town’s prosperity closed down. On witnessing the end of an epoch, the town council decided to put together a collection of old textile machines that is now stored in an old industrial shed. The film portrays a group of retired men spending their free time repairing the machines and creating a Lieu de mémoire where they relive their former professional activity.

Imitating their passion, I created my own collection of former industrial objects. By buying old weaving shuttles from flea market sellers that wanted to get rid of them, I sought to give a sense of the fragile collective memory of the city inhabitants where memories compete with oblivion.

Like the warp and weft of a fabric, these two filmic materials weave together to form the film Where Things go. A film that questions the attachment we have to things, to memory and to the past.

  • Baptiste Aubert
    Director
  • Céline Pernet
    Producer
  • Amélie Bussy
    Editor
  • Jérôme Cuendet
    Sound Mix
  • Pierre Reischer
    Color Grading
  • Project Title (Original Language):
    La place des choses
  • Project Type:
    Documentary
  • Runtime:
    1 hour 15 minutes 2 seconds
  • Completion Date:
    February 15, 2022
  • Country of Origin:
    Switzerland
  • Country of Filming:
    Belgium
  • Language:
    French
  • Shooting Format:
    Digital
  • Aspect Ratio:
    16:9
  • Film Color:
    Color
  • First-time Filmmaker:
    Yes
  • Student Project:
    Yes - Université de Neuchâtel
  • society for visual anthropology film and media festival
    Seattle
    United States
    November 12, 2022
    Official selection
  • Regard bleu
    Zürich
    Switzerland
    October 15, 2022
    Official Selection
  • Fesitival du film d'histoire de Montreal
    Montréal
    Canada
    July 5, 2022
    Official Selection
Distribution Information
  • AREC
    Distributor
    Country: Worldwide
    Rights: All Rights
Director Biography - Baptiste Aubert

Baptiste Aubert is a filmmaker and anthropologist based in Bern, Switzerland and a member of the anthropologist and filmmaker collective AREC (a-rec.ch). Since the end of his studies at the University of Neuchâtel and a first research dedicated to the contemporary art world in Bishkek, Kyrgyzstan (What is exactly kyrgyz contemporary art?, 2012), Baptiste Aubert has been pursuing his work by combining ethnology and cinema. In 2014, he completed for the Pro Aserablos Foundation the short film Ce qu'on fait de nos peines (29 min. Pro Aserablos) selected at the Festival International du Film Ethnographique de Québec. His other mandates lead him to Sion (Mourir à Sion, 2016 AREC), to Niamey in Niger (Le collège invisible, 2018, AREC) and to Isérables (La vie de tunnel, 2017, AREC). Since September 2017, he has been working as an assistant at the University of Neuchâtel where he is completing a PhD thesis in visual anthropology on the mise en images of memory in the post-industrial city of Verviers (BE). This research will be defended with the ethnographic film entitled La place des choses accompanied by various articles.

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Director Statement

En octobre 2014, j’ai fait le projet de réaliser un film documentaire sur l’ancienne ville industrielle de Verviers en Belgique. Je n’ai jamais vécu dans cette ville. Ma mère l’a quittée dans les années 1970 au moment où elle est venue s’installer en Suisse bien avant ma naissance. Pourtant, certains souvenirs que je gardais de voyages familiaux effectués durant mon enfance m’ont donné envie d’y retourner et d’y passer du temps avec une caméra. Dans ma mémoire, j’avais conservé quelques images : des rues bordées d’usines abandonnées, d’anciens quartiers bourgeois où s’élèvent aujourd’hui encore d’imposantes villas et une fresque exposée sur une petite place du centre-ville où figure une représentation du travail des ouvriers et ouvrières de l’industrie textile.
Je me souvenais surtout du ton nostalgique avec lequel on me parlait de Verviers. Systématiquement la ville que j’avais sous les yeux et qui me plaisait était comparée à celle qu’elle aurait été autrefois : une ville riche et prospère, à l’image de laquelle la ville du présent n’aurait fait que décliner. On me présentait Verviers comme ayant été « la première ville industrielle sur le continent européen » et on insistait sur tous les éléments prestigieux aujourd’hui disparus : les magasins du centre-ville, l’omniprésence des banques, la grandeur du théâtre communal. Quand bien même les locuteurs n’avaient eux-mêmes pas connu l’intense période industrielle du XIXeme siècle, ils y faisaient référence comme s’ils évoquaient un paradis perdu. Le passé et le présent se mêlaient dans ce grand récit collectif où le passé, largement idéalisé, était érigé en image d’Épinal en comparaison de laquelle l’état de la ville contemporaine était critiqué.
Dans mon travail filmique je me suis intéressé aux traces qu’avait laissé l’industrie et suis tombés sur des objets, des choses, des restes. Ce sont des hasples, des pointes de tablier de chargeuses, un métier à tisser, des cardes. D’anciennes machines textiles qui ont produit du fil et des étoffes et qui sont aujourd’hui alignées dans un hangar industriel désaffecté où viennent travailler un groupe d’hommes à l’âge de la retraite. J’ai filmé ces hommes avec l’attention d’un ethnologue. J’ai observé leurs gestes. Je les ai regardé pendant cinq ans revenir semaines après semaines s’atteler aux mêmes tâches : déplacer des objets, démêler des fils, jouer de petites astuces pour masquer les fêlures des objets qu’il leur arrivait d’abimer, remonter avec précision des machines qui plus jamais ne fonctionneraient. Je me suis rapproché d’eux pour capter le contact de leur corps avec les matières. Je les ai observé travailler ensemble, se donner des ordres, se contredire, plaisanter ou se raconter des anecdotes, rejouer les rôles qu’ils avaient eu dans les ateliers, reproduire les hiérarchies. Parfois j’intervenais et cherchais à savoir ce qu’ils faisaient là. J’essayais de comprendre leur attachement à ces choses, comprendre pourquoi ils passaient leur temps devenu libre à essayer de faire tourner des machines sur lesquelles ils avaient trimé toute leur vie. Je me demandais ce qu’ils essayaient de sauver en récupérant de vieux objets rouillés et quelle Histoire ils essayent de conserver dans ce lieu.

Mais je ne voulais pas que le film se résume à transmettre le seul point de vue d’un groupe d’hommes passionnés d’histoire textile et de patrimoine. Je voulais que ce film puisse emmener les spectateurs dans l’exploration des multiples récits qui font la mémoire collective de la ville, septante ans après les premières fermetures d’usines. J’ai donc cherché un dispositif cinématographique qui puisse évoquer le passage du temps et j’ai décidé d’entamer moi aussi une collection d’outils textiles. En revisitant la collecte d’objets ethnographiques, méthode chère aux premiers ethnologues du XXème siècle, je me suis mis à arpenter les brocantes de la ville à la recherche d’anciennes navettes de métiers à tisser et de témoignages que pouvaient me livrer les vendeurs et les vendeuses au moment où ils et elles s’apprêtaient à se séparer de ces objets. Ces petites discussions sont parfois faites de souvenirs très précis, quelques informations glanées qui permettent de brosser le portrait de l’ancien·ne propriétaire. Mais la plupart du temps, ces micros-trottoirs témoignent surtout de l’oubli, des souvenirs qui s’estompent et des nouveaux récits apparus pour combler ce vide. Ces témoignages remontés sur des paysages de la ville contemporaine racontent la mémoire collective de cette ancienne ville textile, forcément polymorphe et bien loin du récit dominant et unilatéral construit sur l’âge d’or et le paradis perdu.

Comme la chaîne et la trame d’une étoffe ces deux dispositifs cinématographiques se tissent. Non pas pour faire un film historique qui aurait vocation de reconstituer le passé industriel textile de la ville de Verviers, mais pour questionner de manière plus large et universelle, l’attachement que nous portons aux choses, à la mémoire et au passé.